Comme beaucoup, Émilie Turmel a toujours un peu fait attention à ce qu'elle mangeait. Mais au fil du temps, son envie de renouer avec les choses saines et naturelles a grandi. Avec ses enfants, cette maman a trouvé cela complètement naturel d'allaiter. Quand est venu le moment de passer aux aliments, elle et sa famille ont décidé de manger bio mais pas à 100 %. « On ne devient pas bio du jour au lendemain, ça se fait au fur et à mesure », remarque t-elle. Et puis, elle concède : « Je ne refuse pas systématiquement tout ce qui est industriel à mes enfants. À la maison, on a aussi du Coca mais on n'en boit pas tous les jours ».
Mais un jour, cette tendance au naturel s'est accentuée. Son mari a été victime d'un infarctus, il avait la trentaine, c'était il y a trois ans. « On fumait tous les deux, on a arrêté et on s'est vraiment mis au bio ». Dans son alimentation, il n'y a pas eu de grosse différence mais dans son mode de vie, le changement s'est amorcé.
Elle s'est intéressée aux produits qu'elle utilisait. Les cosmétiques, d'abord, et désormais sans paraben puis les produits d'entretien. Un engagement pour elle et la planète. Avec sa fille aînée, elles sont allées sur internet et ont signé l'engagement pour la planète de Nicolas Hulot : « C'est symbolique mais ça m'a permis de lui rappeler par exemple en quoi il était important de ne pas laisser couler l'eau quand on se lave les dents ».
Pour le petit dernier, Léo, aujourd'hui âgé de 16 mois, le retour au naturel est monté d'un cran. Émilie Turmel a fait le choix de l'accouchement à la maison : « Ca a surpris et inquiété des gens de mon entourage mais on a l'électricité et l'eau courante », s'amuse t-elle. Accoucher à la maison : pour elle, c'était une réelle bonne expérience : « A la maison, le temps s'arrête, il n'y a pas tous les bips des machines, c'est moins médicalisé et ça m'a paru plus rassurant ».
Après cette naissance, une nouvelle étape. Cette maman s'est mise aux couches lavables. « Je n'y avais jamais vraiment pensé et un jour, je me suis retrouvée dans la salle d'attente de ma sage-femme et j'ai vu un prospectus sur les couches lavables ». Celle qui travaille à temps partiel en tant que surveillante d'externat dans un collège comprend que « pour beaucoup, ça paraît toujours très compliqué, très sale mais ce n'est pas plus compliqué ou plus sale qu'avec des couches jetables ». Certes, il y a un coût à l'achat : Pour pouvoir tourner correctement, Émilie Turmel en a acheté dix-huit mais le coût est vite rentabilisé : « En moyenne, des études montrent que sur deux ans et demi voire trois ans, on dépense 1.800 euros en couches or là, ça ne coûte que 600 euros et ça ne fait qu'une lessive en plus par semaine ». Et pour ses lessives aussi, les produits chimiques sont bannis. « J'utilise les noix de lavage, ça lave bien et il n'y pas d'odeur artificiel ». En vacances, cette Saint-Quentinoise avoue tout de même céder aux lingettes et autres couches jetables. Toutes ces petites choses lui ont permis de retrouver une certaine sérénité, elle qui a un tempérament plutôt nerveux mais pour cela aussi, elle a opté pour la méthode douce avec la sophrologie, une technique de relaxation pour évacuer les tensions. Et le prochain projet concernera la chaudière : « on a une chaudière qui doit avoir plus de trente ans. Quand elle s'arrêtera, on envisage de se mettre à l'énergie renouvelable ».
Aurélie Marcotte